Vieillissement démographique en Haute-Garonne : quel avenir pour les EHPAD et maisons de retraite à Toulouse 31 d’ici 2027 ?

Promenade mère et fille dans un parc toulousain, moment familial authentique
24 février 2026

Votre mère commence à oublier ses rendez-vous. Votre père a chuté deux fois ce mois-ci. Vous vous dites que « pour l’instant, ça va », mais une question vous taraude : si demain il fallait trouver une place en EHPAD à Toulouse, serait-ce seulement possible ? Je ne vais pas vous mentir : la situation en Haute-Garonne n’est pas simple. Mais elle n’est pas non plus désespérée — à condition d’anticiper. Dans cet article, je vous donne les chiffres réels, les projections pour 2027, et surtout les réflexes à adopter maintenant pour éviter de subir.

L’essentiel sur l’avenir des EHPAD en Haute-Garonne

  • Population 65+ en Occitanie : 24 % des habitants en janvier 2025, contre 19 % en 2005
  • Haute-Garonne : hausse de +53 % des seniors attendue d’ici 2040, la plus forte de la région
  • Tarifs EHPAD Toulouse : entre 69 € et 135 € par jour selon le type d’établissement
  • Anticiper 12 à 18 mois avant le besoin réel pour éviter les placements en urgence

Haute-Garonne 2026 : les chiffres qui annoncent la vague grise

Quand je parle de « vague grise », ce n’est pas pour dramatiser. C’est un fait démographique que je constate chaque semaine en accompagnant des familles sur l’annuaire. D’après le bilan démographique 2024 de l’INSEE, 24 % des habitants d’Occitanie ont désormais au moins 65 ans au 1ᵉʳ janvier 2025. En 2005, ils représentaient seulement 19 % de la population régionale. Ce n’est pas une projection, c’est la réalité d’aujourd’hui.

+53%

Augmentation attendue du nombre de seniors en Haute-Garonne d’ici 2040

Et la Haute-Garonne, dans tout ça ? C’est le département d’Occitanie où la croissance des seniors sera la plus forte. Les projections démographiques de l’INSEE anticipent une hausse de +53 % de la population âgée d’ici 2040 dans notre département — contre +31 % dans les Hautes-Pyrénées, par exemple. Toulouse attire, Toulouse vieillit. Et l’offre d’hébergement peine à suivre.

Quartier résidentiel toulousain avec maisons et immeubles, contexte urbain EHPAD
L’agglomération toulousaine concentre une forte demande en hébergement pour personnes âgées

Pour identifier les établissements correspondant à vos critères dans ce contexte tendu, consultez l’annuaire des EHPAD à Toulouse qui recense l’ensemble des structures du département. C’est un point de départ, mais attention : recenser n’est pas garantir une place.

EHPAD à Toulouse : où en est-on vraiment côté places disponibles ?

Soyons honnêtes : personne ne peut vous donner un chiffre exact du nombre de places disponibles à l’instant T. Ça fluctue en permanence. Ce que je peux vous dire, en revanche, c’est ce que j’observe sur le terrain depuis des années — et ce n’est pas réjouissant sur certains secteurs.

L’agglomération toulousaine n’est pas homogène. Toulouse Nord (Blagnac, Aucamville) affiche une tension importante, avec des listes d’attente qui s’allongent. Le secteur Sud (Ramonville, Castanet) est un peu moins saturé, mais ça dépend vraiment de l’établissement. Quant aux tarifs, ils varient fortement : selon les données actualisées 2026, comptez entre 69 € et 135 € par jour selon le type de structure — public, associatif ou commercial.

Tension estimée par secteur de l’agglomération toulousaine (observations terrain 2025-2026)
Secteur Tension estimée Fourchette tarifaire Spécificités
Toulouse Nord (Blagnac, Aucamville) Forte 75 € – 120 €/jour Proche bassins d’emploi, forte demande
Toulouse Ouest (Colomiers, Tournefeuille) Modérée à forte 70 € – 110 €/jour Secteur familial, établissements récents
Toulouse Sud (Ramonville, Castanet) Modérée 69 € – 100 €/jour Plus de structures publiques
Toulouse Est (Balma, L’Union) Modérée 72 € – 115 €/jour Mixité public/privé
Périphérie éloignée (Muret, Villefranche) Faible à modérée 69 € – 95 €/jour Délais plus courts, accessibilité variable

Cette liste n’est pas exhaustive — les situations évoluent chaque mois. Mais elle vous donne une idée : si vous cherchez exclusivement sur Blagnac parce que c’est pratique pour les visites, préparez-vous à attendre. Si vous élargissez vers Muret ou la périphérie, vous aurez plus d’options (et des tarifs souvent plus doux).

Bâtiment EHPAD moderne avec jardin paysager, établissement d'accueil personnes âgées
Les établissements récents intègrent souvent des espaces verts accessibles

Si votre proche présente des pathologies nécessitant un suivi médical quotidien, je vous recommande de découvrir les avantages d’un EHPAD médicalisé pour comprendre ce que ces structures apportent en termes de prise en charge. Ce n’est pas la même chose qu’une résidence autonomie — et le niveau de dépendance de votre parent va conditionner l’orientation.

2027 : ce qui va changer (et ce qui ne bougera pas)

Je vais être direct : n’attendez pas un miracle d’ici 2027. Les projets d’ouverture existent, mais ils ne vont pas résoudre le problème de fond. Le schéma régional de santé de l’ARS Occitanie 2023-2028 prévoit bien des évolutions dans l’offre médico-sociale, mais entre les autorisations, les financements et les constructions effectives, il faut compter plusieurs années.

Ce qui est prévu d’ici 2027-2028 en Haute-Garonne :

  • Quelques extensions de capacité dans des établissements existants
  • Renforcement des alternatives (accueil de jour, hébergement temporaire)
  • Développement des résidences autonomie pour les GIR 5-6

Ce qui ne changera pas : le ratio offre/demande restera défavorable sur l’agglomération toulousaine.

Ce que je constate sur le terrain, c’est que les familles qui réussissent à placer sereinement leur proche sont celles qui ont commencé les démarches 12 à 18 mois avant le besoin réel. Les autres — ceux qui attendent l’hospitalisation ou la chute grave — subissent des délais bien plus longs. Parfois 6 à 9 mois supplémentaires dans des conditions stressantes.

Mon avis (qui n’engage que moi) : ne comptez pas sur une amélioration spectaculaire de l’offre. Comptez sur votre anticipation. C’est la seule variable que vous maîtrisez vraiment.

Anticiper plutôt que subir : les 3 réflexes à adopter maintenant

Dans mon activité d’accompagnement des familles sur l’annuaire, j’observe régulièrement que ceux qui attendent une hospitalisation ou une chute pour lancer leurs recherches subissent des délais d’attente bien plus longs — parfois 4 à 8 mois de plus que ceux qui anticipent. Ce constat, valable sur Toulouse et son agglomération, peut varier selon le type d’établissement recherché et le secteur du département.

Le cas de Martine : ce que l’urgence coûte vraiment

J’ai accompagné Martine, 58 ans, cadre chez un équipementier aéronautique à Blagnac, dont la mère de 84 ans a chuté fin 2025. Elle m’a contactée via l’annuaire en urgence. Malgré un dossier solide (GIR 3), elle a essuyé trois refus — tous les EHPAD du secteur Toulouse Nord affichaient complet. Sa mère a finalement été placée temporairement en USLD avant d’intégrer un EHPAD quatre mois plus tard. Un délai qui aurait pu être réduit avec une anticipation de 12 à 18 mois.

Mère et fille en conversation sérieuse dans un salon, discussion familiale
Parler d’EHPAD avec un parent : une étape difficile mais nécessaire

Voici les trois réflexes que je recommande systématiquement :

Les 3 réflexes pour anticiper sereinement

  1. Visitez 3 à 5 établissements maintenant

    Même si le placement n’est pas imminent. Vous aurez une idée concrète de ce qui existe, des ambiances, des tarifs réels. Et vous pourrez en parler avec votre parent sans que ce soit « pour de vrai » — ça désamorce souvent les résistances.

  2. Constituez le dossier APA en amont

    L’Allocation Personnalisée d’Autonomie prend du temps à obtenir (comptez 2 à 4 mois). Si vous attendez l’urgence, vous cumulerez délai APA + délai recherche EHPAD. Lancez la demande auprès du Conseil Départemental de la Haute-Garonne dès que le niveau de dépendance commence à s’installer.

  3. Inscrivez-vous sur plusieurs listes d’attente

    Ça ne vous engage à rien. Mais quand une place se libère, ce sont les dossiers déjà constitués qui passent en premier. Visez 3 à 5 établissements dans des secteurs différents pour maximiser vos chances.

Sur les parcours que j’observe régulièrement, voici la chronologie qui fonctionne :


  • Premières visites d’établissements, prise de contact informelle

  • Constitution dossier APA + demandes d’inscription sur listes d’attente

  • Relances établissements, mise à jour des dossiers médicaux

  • Confirmation disponibilité, visite finale, décision

  • Entrée en établissement dans de bonnes conditions

Ce n’est pas théorique — c’est ce qui évite les placements en catastrophe.

Les 7 signaux qui indiquent qu’il est temps de commencer vos recherches

  • Chutes répétées ou hospitalisations récentes

  • Troubles de mémoire impactant le quotidien (oubli de médicaments, rendez-vous manqués)

  • Isolement social croissant (sorties rares, appels non décrochés)

  • Difficultés à gérer les tâches administratives ou financières

  • Épuisement visible de l’aidant principal (vous, probablement)

  • Refus répété de l’aide à domicile

  • Domicile devenu inadapté (escaliers, salle de bain dangereuse)

Si vous cochez 3 points ou plus sur cette liste, c’est le moment de commencer — pas demain, pas dans six mois. Maintenant.

Vos questions sur l’avenir des EHPAD en Haute-Garonne

Y aura-t-il assez de places EHPAD à Toulouse en 2027 ?

Franchement, non. Les projections démographiques montrent une hausse de +53 % des seniors en Haute-Garonne d’ici 2040, et l’offre ne suit pas ce rythme. D’ici 2027, quelques extensions sont prévues, mais elles ne compenseront pas l’augmentation de la demande. Anticiper reste la meilleure stratégie.

Combien de temps faut-il attendre pour avoir une place ?

Ça dépend énormément du secteur et du type d’établissement. Sur Toulouse Nord, j’observe des délais de 6 à 12 mois pour les structures les plus demandées. En périphérie éloignée (Muret, Villefranche-de-Lauragais), c’est parfois quelques semaines. L’urgence médicale peut accélérer les choses, mais c’est rarement serein.

Quelles sont les alternatives si je ne trouve pas d’EHPAD ?

Les résidences autonomie conviennent aux personnes encore autonomes (GIR 5-6). L’accueil de jour permet de soulager l’aidant tout en maintenant le domicile. L’hébergement temporaire offre une solution de répit. Enfin, l’accueil familial agréé existe en Haute-Garonne — moins connu mais parfois plus rapide.

Le département prévoit-il des ouvertures d’établissements ?

Le schéma régional de santé 2023-2028 de l’ARS Occitanie inclut des projets, mais les ouvertures effectives prennent du temps (autorisations, financement, construction). Quelques extensions sont en cours, mais pas de « vague » de nouveaux établissements à attendre avant 2028-2030.

Comment anticiper sans mettre mon parent devant le fait accompli ?

La meilleure approche que j’observe : proposer des visites « pour voir », sans engagement. Beaucoup de parents réticents changent d’avis une fois qu’ils voient concrètement les lieux — surtout les établissements modernes avec jardin et animations. L’idée n’est pas de forcer, mais de préparer ensemble.

La prochaine étape pour vous

Vous n’avez pas à tout résoudre aujourd’hui. Mais si vous avez lu cet article jusqu’ici, c’est probablement que la question se pose — ou va bientôt se poser. Alors voici ce que je vous suggère, concrètement :

Cette semaine, identifiez 3 établissements dans un rayon de 20 km autour du domicile de votre parent. Pas pour les appeler tout de suite, juste pour avoir une liste. La semaine prochaine, faites une première visite — même courte. Ça démystifie énormément.

Et si vous ne savez pas par où commencer : contactez le CLIC de Toulouse (Centre Local d’Information et de Coordination). C’est gratuit, neutre, et ils connaissent le terrain mieux que personne.

Précisions importantes : Les projections démographiques sont des estimations basées sur les tendances actuelles et peuvent évoluer. Les capacités d’accueil annoncées dépendent des autorisations ARS et des financements effectifs. Chaque situation familiale nécessite une évaluation personnalisée du niveau de dépendance et des besoins. Pour un accompagnement adapté, rapprochez-vous du CLIC de Toulouse ou de l’assistante sociale du Conseil Départemental de la Haute-Garonne.

Marc Ferrand, spécialiste de l'accompagnement des familles dans leur recherche d'hébergement pour personnes âgées depuis 2018. Basé à Toulouse, il accompagne chaque année plusieurs centaines de familles confrontées à la question du placement d'un proche via l'annuaire. Son expertise porte sur les spécificités du tissu gérontologique d'Occitanie, les délais de placement et l'anticipation des parcours d'admission. Il intervient régulièrement auprès d'associations d'aidants familiaux de la région.

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